Parents z'ordinaires

Un bout de vie de Francine

Bonjour et bienvenue sur le blog de Graines de Parentillages… Nous voilà avec quelques questions pour toi… On veut en savoir plus sur ta parentalité et ta grand-parentalité (ça se dit ça ? On a qu’à dire que oui!!) Mais d’abord, dis-nous en un peu plus sur toi… Qui es-tu donc ?

Je suis Francine, j’ai 57 ans, divorcée, puis remariée depuis 11 ans, amoureuse de la nature, des animaux, j’aime par dessus tout mes filles et mes petits enfants.

Comment s’est passée ta première grossesse ?

Ma première grossesse fut difficile, malade jusqu’à la fin … Pas d’échographie à cette époque, mon bébé n’avait donc pas de sexe. Deux prénoms furent choisis, fille ou garçon …J’ai supposé que tout allait bien, mais l’angoisse de mettre au monde un enfant avec un souci de santé ne m’a pas quittée… C’était il y a 38 ans…

Et l’accouchement ?

L’accouchement, 12 heures de travail, contractions par les reins, pas de péridurale à l’époque, épisiotomie… Mais tout fut vite effacé lorsque ma princesse a été posée sur mon ventre et que nos regards se sont enfin croisés… Ce fut le plus beau jour de ma vie! J’ai encore en mémoire ses deux grands yeux bleus !Qu’elle était belle ! J’étais portée par une immense vague de bonheur !

T’es-tu sentie suffisamment épaulée lors des premiers temps avec ta fille ?

Non, le papa ne s’est pas senti impliqué par l’arrivée de son bébé, métro, dodo, boulot… Je crois que c’était important pour lui d’assurer le casse-croûte pour sa famille et pour les enfants c’était une histoire de maman…

Pourquoi avez-vous choisi d’avoir des enfants d’âge rapproché?

Nous avions choisi d’avoir des enfants rapprochés car nous pensions que c’était mieux pour les enfants, les mêmes besoins aux mêmes moments… Et surtout l’espoir que mes deux enfants partagent beaucoup de choses, j’espérais les voir complices dans les différentes étapes de leur vie.

Comment se sont passés ta deuxième grossesse et ton accouchement ?

Identique à ma première grossesse et l’accouchement fut identique aussi.

Comment la grande a-t-elle accueillie sa petite sœur ?

Ma fille a accueilli sa petite sœur avec un mélange de curiosité et de plaisir… Elle voulait tout le temps lui donner le biberon, elle s’inquiétait lorsque la petite pleurait… Je l’ai beaucoup rassurée sur l’amour que je continuerai de toujours lui donner, c’était encore aussi un bébé, seulement 21 mois de plus que sa petite sœur…

Est-ce que l’arrivée de tes filles a changé la relation que tu avais avec ta mère ?

Oui, ma mère m’a regardée comme une femme, comme son égal, plus comme son enfant. Ma mère a toujours été très présente pour mes enfants, même si nous avions des désaccords sur l’éducation que je souhaitais donner à mes filles.

Comment as-tu vécu la séparation d’avec ton mari ?

Une séparation est toujours douloureuse. Le plus difficile était de voir qu’à partir de notre divorce, mes filles n’ont plus eu de papa. Il s’est contenté de verser une pension alimentaire, il avait la conscience tranquille. Les enfants ont besoin d’un papa et d’une maman pour se construire. Abandon aussi par toute sa famille. Mes filles n’avaient plus de papi, mamie, tonton, tatie et cousines paternels… Un immense vide… Pour palier ça, c’est mission impossible… Je suis passée par des phases de colère et de désespoir…

Un peu plus tard, ta troisième fille a pointé le bout de son nez. Cette troisième grossesse et accouchement se sont-il bien passés ?

Oui ma troisième grossesse a été plus facile, moins malade, accouchement moins long, pas d’épisiotomie…

Les pères de tes filles n’ont été que peu présents pour leur éducation. Cela a-t-il été une difficulté pour toi ?

Oui évidement… Comment expliquer à mes petites que leur papa préférait courir les jupons plutôt que de passer un week-end avec elles ? Comment les consoler de cette absence ? Comment cicatriser leur petit cœur blessé ? La seule référence masculine qu’elles avaient était mon père. Mes parents ont fait leur maximum pour les aider, pour me soutenir lorsque je me sentais dépassée, en dessous de tout… Je pense que mes parents leur ont laissé de bon souvenirs… Malgré tout, je n’ai jamais sali l’image du papa.

As-tu l’impression d’avoir été la même mère avec tes trois enfants ?

Non pour ma troisième fille, j’ai eu la chance d’obtenir un congé parental de trois ans, ça change beaucoup de choses… J’ai donc eu le temps d’être une maman présente, une maman à l’écoute, une maman qui explique, une maman qui raconte des histoires, qui lit des livres, qui joue etc… Mais désormais tout ça je l’ai aussi partagé avec mes deux grandes…

Comment as-tu vécu le fait que tes filles partent de la maison ?

Mal… Mes deux aînées sont parties à un mois d’intervalle… La terre s’est arrêtée de tourner un moment… Lorsque la dernière est partie à son tour, ce fut un Tsunami… J’étais seule… Je l’ai très mal vécu, je crois que j’ai sombré longtemps dans la déprime… J’ai toujours laissé mes filles libres de faire leurs choix. Je crois que je ne leur ai jamais dit à quel point leur départ avait été difficile à vivre.

Et la première fois que tu as été grand-mère alors ?

Ce fut une explosion de joie ! J’ai alors souhaité que ce soit un garçon ! Un petit bonhomme a vu le jour en septembre. J’avais malgré cette immense joie, un regret, celui d’être mamie trop jeune (42 ans) et d’être en activité et géographiquement loin… Je n’ai pas pu trop en profiter, il est adolescent maintenant, le temps passe bien trop vite !

Qu’est-ce qui diffère entre le fait d’être mère et celui d’être grand-mère ?

Tout est différent : j’ai maintenant du temps à leur accorder, je reste disponible H24. Je n’ai pas la lourde tâche de l’éducation, je n’ai pas à gérer les crises d’ados… Lorsqu’ils sont à la maison, on joue, on les écoute, on prépare les repas en fonction de ce qu’ils aiment manger, on partage aussi de longues discussions avec les ados… Tout tourne en fonction d’eux. Bref c’est beaucoup plus facile d’être grands-parents que parents.

Selon toi, est-ce qu’une mère s’inquiète autant pour ses enfants devenus adultes que lorsqu’ils étaient enfants ?

Mais oui, même adultes nos enfants restent toujours nos enfants… Les inquiétudes sont différentes mais lorsque nos enfants adultes rencontrent des difficultés, c’est aussi difficile de les voir malheureux que lorsqu’ils étaient enfants… Maman un jour maman pour toujours!

Que penses-tu de la nouvelle vague éducative, dite « positive », « bienveillante » et « non violente » ?

Je pense que cette pour nouvelle vague, il était grand temps qu’elle arrive ! J’ai été élevée dans la violence physique et verbale, j’ai essayé de faire autrement. Je vois que les jeunes parents d’aujourd’hui s’appliquent à cette éducation positive. Je voudrais être parent à votre époque et avoir vos clés de cette éducation ! Je dis chapeau bas aux nouveaux parents !

Est-ce que la vision que tu avais de ta mère a changé aujourd’hui ?

Ma mère reste ma mère et paix à son âme… Mais oui ma vision a changé, forcément, je sais aujourd’hui qu’elle a fait ce qu’elle a pu avec les clés que ses parents lui ont données… Mais ce n’était pas la maman, c’était la mère.

Quelles valeurs espères-tu avoir transmises à tes filles ?

Question bien difficile… J’espère leur avoir transmis l’amour d’elles-même, le respect des autres, la force utile pour élever une famille, l’envie de rester positives toute leur vie, le respect de leurs enfants… L’envie de se ressourcer auprès de Dame nature.

Quelles valeurs voudrais-tu transmettre à tes petits-enfants ?

Le respect de leurs parents, le respect de la Terre et de ses habitants, faune et flore compris… L’amour d’eux-même, comprendre que le but de toute une vie est de rester en harmonie avec soi, de savoir se protéger, de prendre soin d’eux, de savoir poser son égo et d’avoir de l’empathie.

Quel est ton plus beau souvenir de mère ?

La naissance de mes filles! 

Quel message voudrais-tu adresser aux parents qui te lisent aujourd’hui ?

Je suis certaine des bienfaits de l’éducation positive ! Il n’y a pas de livre magique pour élever son enfant, en fouillant au fond de soi, on sait ce qui est bien ..

Nos enfants sont une grande leçon, écoutons-les !

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