Parents z'ordinaires

Pascale nous raconte…

Bien le bonjour à toi ! Merci de venir nous raconter ton histoire et de partager avec nous ta vision de la parentalité ! Hop, hop, hop ! On y va ! La première question est ouverte… Peux-tu te présenter ?

Je me présente Pascale, je suis divorcée 2 fois, j’ai 4 enfants de 25, 24, 12 et 11 ans !

Comment se sont passées tes grossesses ?

Mes grossesses se sont très bien passées. Aucune complication. Les accouchements c’est autre chose… Pour le premier, mon fils, j’ai été déclenchée suite à la perte des eaux. Pour les 3 filles, les médecins ont été obligés de me déclencher car je n’avais pas de contraction. Ensuite, je n’avais pas de délivrance, ce qui a donc entraîné une forte hémorragie à chaque fois.

A quel moment as-tu appris que tu étais touchée par la sclérose en plaques ?

J’ai appris ma maladie il y a 10 ans, lorsque ma dernière n’avait qu’un an. Je me suis retrouvée hospitalisée pendant un mois, puis en fauteuil roulant.

Comment as-tu vécu ce diagnostic ?

Je l’ai étrangement bien pris car la sclérose en plaques n’est pas mortelle. Elle me laissait donc l’espoir d’un avenir avec mes enfants.

Comment leur as-tu expliqué ?

J’ai été franche et directe lorsque j’ai annoncé la maladie à mes enfants. Je leur ai expliqué qu’il y a des choses que je ne pouvais plus faire et d’autres avec des difficultés, mais que je restais leur maman et que mon cœur, lui, était intact.

Quelles incidences cela a-t-il eu sur ta vie de famille ?

Les répercussions sur notre vie ont été nombreuses. Je ne savais plus tenir un stylo. C’est ma fille aînée, qui avait 12 ans, qui faisait les divers courriers. Mon fils, qui avait 13 ans, s’occupait des petites. Ma dernière, que je ne pouvais plus porter, se débrouillait. A deux et trois ans, les deux dernières s’habillaient seules, mangeaient seules.

T’es-tu sentie soutenue dans ton rôle de mère lors des moments les plus difficiles de la maladie ?

Non. Je me suis sentie seule pour affronter cela et heureusement qu’avec mes enfants nous étions très unis. Nous pouvions compter les uns sur les autres.

Le père de tes deux dernières est également malade. Peux-tu nous en dire plus ?

Leur père est bipolaire. Il a fini par quitter le foyer lorsque Manon, la dernière, avait 2 ans. Il est aujourd’hui un père à la fois présent dans ses bonnes périodes et totalement détaché dans les mauvaises. Les filles ont appris à vivre avec ça malheureusement.

Comment as-tu expliqué cela aux enfants ?

Je leur ai expliqué que leur papa était malade, pas physiquement comme moi, mais dans sa tête. Et qu’il ne fallait pas lui en vouloir, même si c’est difficile. Qu’il les aime à sa façon…

Comment se passe le quotidien aujourd’hui ?

Après la séparation nous avons trouvé notre équilibre, notre joie. Chez nous c’est le rire et le dialogue qui prime ! On gère comme on peut. Mes enfants sont très autonomes, les deux dernières sont capables de faire un repas, de faire des courses et de s’occuper de moi quand ça ne va pas. Elles ont une maturité étonnante. Les deux grands ont pris leur envol et ils savent que malgré ce que l’on a vécu, c’est une grande force pour affronter l’avenir.

Comment as-tu géré la différence d’âge de tes enfants ?

La différence d’âge a permis aux grands d’être très proches des petites. Mais j’avoue que ma patience a été plus grande avec les dernières, mon rythme de vie étant différent.

Comment reste-t-on mère lorsque les enfants sont grands et partent de la maison ?

On reste mère même quand les enfants ne sont plus là.… Ils ont toujours besoin de nous même lorsqu’ils sont très autonomes. Et il faut comprendre que l’on ne fait pas des enfants pour soi, que notre plus grand bonheur c’est de les voir construire leur vie d’adulte.

Quelles valeurs souhaites-tu transmettre à tes enfants ?

Les valeurs que j’espère avoir transmises à mes enfants, c’est l’honnêteté, le sens du devoir, l’amour et le respect de l’autre.

Peux-tu nous raconter le plus beau souvenir avec chacun de tes enfants ?

Avec mon fils, c’est lorsqu’il m’a annoncé que j’allais être mamie (dans quelques jours maintenant !!). Ma fille aînée c’est lorsqu’elle m’a dit que plus tard elle aimerait être une maman comme moi. Pour Inès, c’est lorsqu’elle me raconte ses petits secrets en me disant « Toi, tu peux me comprendre, tu es ma maman . » Quand à ma dernière, lorsqu’elle avait 3 ou 4 ans, elle m’a dit « Maman, je vais demander au Père Noël qu’il nous amène voir Papi sur son étoile. »

Quel message voudrais-tu faire passer aux parents et futurs parents qui te lisent aujourd’hui ?

Faites au mieux ! Il n’y a pas de mode d’emploi… Seul le cœur peut vous aider ! La vie est parfois courte et souvent semée d’embûches mais elle nous rend fort.

 

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