Parents z'ordinaires

Frédéric nous raconte…

Bonjour à toi, et bienvenue sur Graines de Parentillages ! Merci de tout cœur de venir nous raconter un petit bout de ton chemin personnel, et surtout de témoigner de ton expérience de jeune papa ! La première question est ouverte, comme d’habitude… Qui est-tu donc ?

Je m’appelle Frédéric, j’ai 34 ans et je suis l’heureux papa d’une petite fille de bientôt 18 mois 😉

Comment a émergé chez toi l’envie d’être père ?

J’ai toujours voulu avoir des enfants. Si cette idée était encore assez floue vers mes 25 ans, c’est vraiment à l’arrivée de ma première nièce (je suis depuis l’heureux tonton de plusieurs adorables nièces et neveux !) que j’ai compris combien j’avais envie d’avoir des enfants.

Comment as-tu appris la grossesse ?

Par un petit matin de février, réveillé par ma compagne. Quelques jours auparavant, certains signes avaient éveillé notre attention (elle qui mangeait peu s’était mise à manger comme 4 et certaines allergies étaient plus fortes que d’habitude notamment) alors ma compagne a fait un test alors que je dormais encore et m’a ensuite annoncé la nouvelle. La surprise était d’autant plus grande qu’on nous avait dit que nous n’aurions pas d’enfants « naturellement »…

Comment s’est passée la grossesse du côté de la maman, et du tien ?

Mieux de mon côté que du côté de la maman !
Les nausées se sont prolongées quasiment jusqu’à la fin et elle a souvent été en arrêt (à cause d’une tension trop élevée de bébé et d’une infection généralisée dans un premier temps puis d’un bébé situé trop bas ensuite, ajouté à de nombreuses baisses de tensions). Tout cela m’a rendu assez inquiet et j’ai tenté de l’aider au mieux. Nous avons mis en place quelques rituels : le soir par exemple, je lui passais de la crème sur le ventre, c’était notre moment à nous et surtout je pouvais petit à petit sentir bébé bouger et réagir à ma voix. Cela nous a beaucoup rapproché.
De mon côté, c’est surtout sur la fin de la grossesse que j’ai eu quelques inquiétudes sur le moment de l’accouchement : serais-je à la hauteur ? J’ai aussi fait quelques « cauchemars » : je rêvais par exemple que je tenais mal mon bébé et que je le faisais tomber…

T’es-tu senti à la hauteur pour accompagner ta compagne dans ces difficultés ?

Je pense que oui. J’ai tenté d’être le plus présent possible (sauf quand je travaillais évidemment) afin de pouvoir l’aider dans les tâches du quotidien qui, au fur et à mesure de la grossesse, devenaient moins faciles. De plus, j’ai tenté de répondre au mieux à ses envies subites de nourriture, même si je dois dire qu’elle n’en a eu que 2 : des tuiles de fromage et du gaspacho ! Rien de bien méchant… sauf lorsque le magasin proche de chez nous s’est retrouvé en rupture de gaspacho et que nous étions un dimanche matin 😉

As-tu assisté aux échographies, et si oui, qu’est-ce que tu as ressenti à ce moment-là ?

Je n’ai raté qu’une seule échographie ! Je tenais à être présent à chacune d’elles pour pouvoir voir le bébé grandir et se développer. Je pensais être ému par les images, mais c’est surtout le son qui a pris une place émouvante chez moi : entendre battre le cœur de ma fille était à chaque fois un pur moment de bonheur pour moi, à tel point que j’ai même demandé à la gynécologue de pouvoir l’enregistrer ! Cela me donnait les larmes aux yeux à chaque écoute.

Peux-tu nous raconter l’accouchement ?

Le début s’est relativement bien passé, nous sommes arrivés tranquillement à la maternité (même si les nombreux dos d’âne n’étaient juste avant la maternité étaient difficiles à passer), les contractions étaient régulières et le travail avançait à son rythme. Premier détail, la péridurale : l’anesthésiste l’a parfaitement installée, sans douleur, mais elle n’a fonctionné qu’une heure à peine… C’est ensuite au moment des poussées que les complications sont arrivées. Bébé s’était coincé la tête sur l’un des os du bassin et n’arrivait pas à sortir. Après 2h de poussées intenses, ma compagne a donc dû subir une césarienne en urgence mais son allergie sévère à la morphine n’a pas arrangé les choses car l’anesthésiste n’a pas réussi à trouver de produit susceptible d’anesthésier correctement ma compagne… Sans rentrer dans les détails, si la dernière heure de l’accouchement a été très dure pour moi, elle l’a encore plus été pour elle car elle a – malheureusement – ressenti toute la césarienne ! Enfin, de nouvelles complications sont survenues à la suite de la césarienne, en salle de réveil, où ma compagne a fait 2 hémorragies. Notre fille est née aux alentours de 18h30 et, alors qu’on m’avait dit que ma compagne nous rejoindrait 2h après, elle n’est revenue en chambre que vers minuit…

Qu’as-tu ressenti pendant cette épreuve ?

Je me suis senti totalement inutile ! Il est facile de voir des images de papa tenant la main de la maman, mais quand on le vit, on sent à quel point on ne peut faire rien d’autre ! (Note aux autres papas : n’abusez pas du « courage ma chérie, souffle ! », cela peut amener au bout du compte à quelques mots fleuris de la part de votre chère et tendre 😉 ). Il est difficile de soutenir celle qu’on aime et de la voir souffrir sans rien pouvoir faire, c’est très frustrant ! Le moment de la césarienne était aussi très difficile pour moi car il ne m’était pas possible d’y assister : tout le personnel soignant était donc au bloc et moi, seul dans la chambre ! J’étais partagé entre le fait de ne pouvoir être présent pour ma compagne et une certaine impatience à l’idée de découvrir ma fille pour la première fois !

Comment s’est passée la première rencontre entre toi et ta fille ?

La toute première rencontre s’est déroulée à quelques pas de distances : la césarienne venait d’être faite et une sage-femme est venue me présenter ma fille, qu’elle a pesé puis mesuré avant de l’emmitoufler et de la placer dans mes bras. Quelques secondes à peine car ma compagne partait en salle de réveil et a pu la tenir contre elle, même si cela a duré encore moins de temps que pour moi… Par contre, j’ai eu la chance de pouvoir faire le peau à peau et ce moment a été magique : j’avais tout laissé dans la chambre et ai profité de ces 2 heures en la tenant contre moi, en lui parlant de sa maman qui l’attendait en bas et au bonheur que j’éprouvais à l’avoir dans mes bras. C’est réellement ce moment que je garde en mémoire !

Comment avez-vous vécu le temps passé à la maternité ?

Les suites de la césarienne ont été difficiles car la maman ne pouvait pas se lever pour m’aider à changer notre fille, je me réveillais donc pour cette tâche et pour donner notre fille à sa maman pour qu’elle puisse téter. De plus, l’allaitement a été difficile au démarrage (mais nous en parlerons ensuite…). Quoi qu’il en soit, l’équipe de la maternité a été géniale, nous rassurant quand il le fallait et prodiguant de bons conseils aux jeunes parents que nous étions.

Et le congé paternité alors, qu’en as-tu pensé ?

Pas grand chose puisque je n’en ai pas réellement profité 😉 J’ai pris quelques jours lors de notre passage à la maternité et ensuite de retour chez nous, le travail m’attendait (je venais de créer ma boîte donc je n’ai pas vraiment eu de temps pour profiter d’un congé parental…).

A-t-il été difficile pour toi de trouver comment « faire ta part » dans le quotidien avec votre enfant ?

Pas tant que cela. Ma compagne a été très fatiguée à son retour à la maison, j’ai donc naturellement trouvé ma place en accomplissant les tâches qu’elle ne pouvait pas faire seule. Nous avons ainsi trouvé notre rythme, alternant les berceuses quand les nuits étaient longues et que notre fille pleurait.

Comment s’est passé l’allaitement ?

Pas comme nous l’aurions souhaité… Notre fille avait du mal à prendre le sein, passait un temps fou à téter pour au final revenir au sein peu de temps après… En plus, pendant les périodes de tétées, elle pleurait à chaque mise au sein, mais aussi après ! Elle avait un eczéma assez étendu et il nous était difficile de l’entendre pleurer et se débattre toute la journée. De plus, elle ne reprenait pas son poids de naissance assez rapidement et présentait sur le visage ce que notre pédiatre appelait de « l’acné du nourrisson ».
C’est ma belle-sœur, pharmacienne et maman de deux enfants, qui a attiré notre attention sur ces boutons qui, selon elle, ne ressemblait pas vraiment à de l’acné du nourrisson. Nous avons alors fait des tests et il s’est avéré que notre fille était allergique au lait animal (vache, chèvre et brebis), plus précisément à trois des molécules principales du lait. Un grand merci à sa tata qui nous a aiguillé vers cette hypothèse que nous n’aurions jamais envisagée sinon !).

Comment avez-vous vécu le diagnostic de l’allergie ?

Avec pas mal d’inquiétude ! Quel lait allions-nous lui donner ? Cette allergie resterait-elle à vie ? Nous nous sommes beaucoup inquiétés puis renseignés autant que faire se peut afin d’adapter le lait dans un premier temps puis l’alimentation par la suite. Nous avons également changé de pédiatre en nous tournant vers quelqu’un de plus fiable que celui de la maternité (que nous avons retenu au départ car c’est lui qui s’était occupé de notre fille à la maternité). Cette nouvelle pédiatre s’est renseigné et nous avons pu mettre en place avec elle un protocole sans lait animal.

Est-ce que cette particularité est difficile à vivre au quotidien ?

Cela dépend… Comme j’adore cuisiner, je prépare tous les pots de ma fille le week-end pour la semaine. Cela me permet de savoir ce qu’elle mange et d’inventer de nouvelles associations de goût afin de développer son palais ! Côté dessert, elle est limitée aux desserts « lactés » sans lait, donc des yaourts au soja, au chanvre ou au lait de riz par exemple. Le plus compliqué a surtout été de trouver, pour les vacances où on a parfois besoin de petits pots tout faits, des petits pots « industriels » sans lactose… C’est fou le nombre de « traces de lait » voire directement de « lactose » que l’on peut y trouver ! Mais cela s’est avéré plus compliqué avec les dernières affaires concernant les laits infantiles ! À l’heure actuelle, nous n’avons plus de lait infantile disponible pour notre fille… nous avons donc encore aménagé le protocole avec la pédiatre !

En effet, notre fille fait régulièrement des tests d’allergie auprès d’un médecin réputé de notre ville. Nous avons ainsi pu tester un grand nombre d’aliments mais nous avons découvert dernièrement une nouvelle allergie à la noix de coco ! Or, comme nous nous en sommes aperçu, c’est l’un des ingrédients principaux utilisé pour remplacer le lait animal dans bon nombre de préparation pour bébés ! Nous avons aussi dû changer son gel douche qui en contenait… Bref, encore une adaptation qui a rajouté une couche de difficulté dans notre quotidien…

L’arrivée de ta fille a-t-elle changé quelque chose en toi ?

L’arrivée de ma fille m’a appris à relativiser certaines choses… Quand une journée de travail a été trop longue ou moralement difficile, le sourire de ma fille le soir est un véritable réconfort ! Cela me rappelle quelles sont les choses les plus importantes dans la vie ! Cela a également renforcé en moi le sentiment de fierté que j’avais pour mes parents, qui ont dû élever 4 enfants en même temps ! Quand je vois le travail que cela demande pour un, j’ai beaucoup plus de respect pour tous ceux qui sont amenés à avoir des grossesses multiples (même si j’avoue que j’aurais adoré avoir des jumelles/jumeaux) !

Et dans votre couple ?

L’arrivée d’un enfant est une période délicate à mon sens pour un couple car on se concentre plus sur ce petit être que sur notre vie à deux. Cependant, nous prenons le temps de nous retrouver quand nous le pouvons. Quoi qu’il en soit, l’arrivée de notre fille a renforcé les liens qui nous unissaient !

Comment te définirais-tu en tant que père ?

Question difficile… Je pense être un père attentionné qui essaye, malgré un travail qui me demande souvent de me déplacer ou de rentrer tard, d’être le plus proche possible de sa fille. Elle grandit vite et je tente de profiter de tous les moments possibles avec elle.

Pensais-tu que tu serais ce père-là ?

Pendant la grossesse, je m’étais dit : tu seras un père à la fois « cool », mais qui sait aussi rappeler les règles et fixer les limites 😉 Ce n’est pas un rôle facile à tenir mais je pense y arriver… en tout cas pour l’instant vu qu’elle commence à peine à tester nos limites 😉

Ton père est-il un modèle pour toi ?

Oui, sans hésitation ! J’admire la manière dont il a réussi, avec ma mère, à nous élever avec mes frères et sœur même si j’ai parfois pensé qu’il était un peu dur avec nous. Mais en grandissant, j’ai pris conscience qu’il avait fait ça pour notre bien et que, dans une situation similaire, j’agirai exactement comme lui !

Quelles valeurs souhaites-tu transmettre à ta fille ?

La politesse, l’honnêteté, la famille et le respect des autres. Ce sont, à mon sens, les bases d’une vie en société, mais il y en a d’autres aussi!

Raconte-nous ton plus beau souvenir avec elle…

J’en ai plusieurs et le choix est difficile… Dernièrement, je me rappelle être rentré à la maison et que ma fille est venue sur mes genoux et a passé sa petite main sur mon visage, découvrant mes yeux, mon nez, ma bouche, etc. et s’émerveillant de comprendre qu’elle aussi avait un visage avec un nez, une bouche, … J’adore vraiment ces petits moments car elle me fait toujours un magnifique sourire quand elle découvre de nouvelles choses !

Quel(s) message(s) voudrais-tu adresser aux parents et futurs parents qui te lisent ?

Tout d’abord, merci d’avoir pris le temps de lire mon témoignage 😉

Ensuite, l’arrivée d’un enfant est un moment à la fois stressant et merveilleux ! Mon témoignage n’est qu’un exemple de vie parentale parmi d’autres et le problème des allergies montre qu’on peut parfaitement s’adapter pour apporter le meilleur à son enfant. Je suis intimement convaincu qu’on ne naît pas avec des gênes de parents mais qu’on apprend au fur et à mesure !

Enfin, je serai ravi d’échanger avec ceux qui le souhaitent sur les allergies (même si il existe de plus en plus de groupes, sites et discussions à ce propos sur internet).

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