Parents z'ordinaires

A propos de la maternité de Gaëlle…

Bonjour à toi ! Merci de nous accorder un peu de temps pour nous parler de ta vision de la parentalité et de ton expérience de maman… Allez hop ! On commence ! Qui es-tu ? Peux-tu te présenter ainsi que ta famille ?

Je suis Gaëlle, j’ai 34 ans et je suis maman de 3 enfants : une grande de 11 ans et demi, un grand garçon de presque 9 ans et d’une puce de 3 ans tout juste. Mes aînés sont d’une 1ere union, nous vivons tous avec le papa de ma dernière. J’aime être maman, c’est à la fois la plus belle chose de ma vie et la plus dure. J’ai eu la chance d’être bien accompagnée dans ma découverte de la parentalité et aujourd’hui j’accompagne des femmes dans leur projet d’allaitement, très bientôt je pourrai aussi transmettre le portage bébé. L’allaitement et le portage sont des choses que j’adore.

Quelle a été ta réaction lorsque tu as appris ta première grossesse ?

J’étais très heureuse et en même temps un peu surprise.

Comment t’es-tu sentie enceinte ? As-tu vécu tes trois grossesses de la même manière ?

Je n’ai pas eu la chance d’avoir des grossesses épanouissantes, beaucoup de nausées, vomissements, évanouissements, j’ai dû être hospitalisée, beaucoup d’examens médicaux etc.
J’aurais voulu des grossesses physio mais je n’ai pas eu le choix. Ma 2eme grossesse n’était pas désirée, elle fut beaucoup plus dure à investir. Pour ma 3eme grossesse, la 2eme écho a montré des malformations neurologiques, ce fût un cauchemar.

Mes grossesses furent un mauvais moment à passer.

Et tes accouchements alors ?

Mes 2 premiers accouchements furent parfait, j’ai pu accoucher comme je le souhaitais, siège par voie naturelle, j’ai pu choisir mes positions, très bien accompagnée, même si mon 2eme a dû partir en couveuse. Je me suis sentie à chaque fois respectée. Par contre j’ai très très mal vécu mon 3eme accouchement, long et difficile, j’étais à bout d’une grossesse très difficile, je n’accouchai pas là où j’aurais voulu et je fus très mal accompagnée. Trois ans après, ça reste douloureux.

Raconte-nous comment se sont tissés les premiers liens avec tes enfants ?

J’ai eu à la seconde un amour inconditionnel pour mes 3 enfants, les liens me semblaient naturels, un attachement puissant et instantané.

Qu’est-ce qui a changé en toi en devenant mère ?

Mes priorités tout simplement.

Mon petit doigt m’a dit que l’allaitement est quelque chose de très important pour toi… Pourquoi ? Et comment cela s’est passé avec tes petits ?

Avant de devenir maman, j’avais envie d’allaiter mais je n’avais aucune idée de pendant combien de temps. J’ai adoré ça, le lien avec mon enfant, la facilité en terme d’organisation, rien à préparer. J’ai eu des difficultés de mise en place comme beaucoup de mamans, mais je suis heureuse de ne pas avoir lâchée. Je crois que réussir mes allaitements m’a aussi aidé à faire le deuil de mes grossesses qui n’ont vraiment pas été ce que j’aurais souhaité.

Le maternage a-t-il été quelque chose de naturel pour toi ?

Pas du tout, je n’ai pas été moi même maternée, j’avais même peur pendant ma première grossesse de ne pas savoir faire un câlin à mon bébé. Le maternage a été un cheminement. J’ai fait le choix d’écouter mon instinct, je me disais simplement que si la nature faisait qu’entendre nos bébés pleurer nous rendait si mal, ça n’était pas pour rien. L’allaitement et le portage m’ont aidée dans mon cheminement dans le maternage. Quand je suis devenu maman, j’avais peu de mamans autour de moi, je n’allais pas sur les forums et les groupes Facebook n’existaient pas. On parlait beaucoup moins de maternage qu’aujourd’hui.

Est-il différent selon toi d’éduquer un garçon ou une fille ?

Personnellement je ne l’ai pas ressenti tant qu’ils n’étaient pas à l’école. A partir de la maternelle, j’ai dû entreprendre de casser les clichés sexistes ramenés de l’école, forcément pas de la même manière avec mon fils qu’avec mes filles. J’espère transmettre les mêmes valeurs à mon fils qu’à mes filles.

Après la séparation avec ton premier mari, vous avez trouvé une solution originale pour que vos enfants puissent garder leurs repères… Peux-tu nous en dire plus ? Comment cela s’est passé ?

Nous avons fait une garde alternée en laissant les enfants dans la maison et c’est nous qui bougions. Cela peut sembler une bonne idée mais avec du recul pas du tout. Nous n’avions pas les moyens de nous payer un autre logement à côté. Je n’avais pas de chez moi, je ne pouvais pas récupérer mon indépendance financière vis à vis de mon ex-mari, situation que j’ai extrêmement mal vécue. Les enfants n’étaient pas bien pour autant. Ma fille a fini par demander l’arrêt de la garde alternée, aujourd’hui mes grands vivent avec moi une majeure partie du temps, ils vont chez leur père le mercredi et un week-end sur deux.

Comment tes grands ont-ils accepté l’arrivée de ton nouveau compagnon ?

Mes grands ont très bien accepté mon nouveau compagnon, nous avons toujours été clairs, ce n’est pas leur papa, c’est leur beau-père et il participe à leur éducation. Mon compagnon leur ayant rapidement accordé des moments de qualité, ça c’est bien passé.

Et de la petite sœur ?

Mes aînés ont été très très heureux à la naissance de leur petite sœur. J’avais peur qu’ils fassent une différence mais pas du tout. Elle est leur petite chouchoute. J’avais beaucoup d’inquiétude et finalement j’avais tort, ce fut même plus simple que l’arrivée de mon fils. Mes aînés n’ont pas manifesté de jalousie à l’arrivée de leur petite sœur.

Comment fais-tu au quotidien pour t’adapter aux besoins spécifiques de chacun de tes enfants ?

Alors là c’est pas toujours simple, pour l’instant j’y arrive parce que je ne travaille pas et que ça me permet de mieux répartir mon temps entre eux trois.

Quelles sont les valeurs que tu as vraiment envie de transmettre à tes enfants ?

Il y en a beaucoup, je ne vais pas toutes les lister, mais je pourrais résumer en disant que je souhaite leur transmettre des valeurs humanistes.

Comment te définirais-tu en tant que mère aujourd’hui ?

Imparfaite qui fait de son mieux.

Pensais-tu que tu serai cette mère-là ?

Je n’avais aucune idée de la mère que j’allais être…

Quel message voudrais-tu adresser aux parents et futurs parents qui te lisent ?

D’écouter leurs enfants, ce sont nos meilleurs guides dans la parentalité !

Quelque chose à rajouter ?

Être parent c’est se remettre en question constamment et tenter de s’adapter comme on peut.

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