Education en Réflexions

Quand les bébés trouvent leurs propres signes…

Lorsque ma Nounette est née, je me suis longtemps interrogée sur le fait de faire quelques ateliers « signer avec bébé » pour instaurer quelques bases du langage des signes. J’étais partagée entre l’envie de faciliter la communication avec elle et la conviction que chaque enfant développe son propre langage non articulé si nous, adultes, sommes réceptifs et attentifs à ses tentatives de communication dès son plus jeune âge. Finalement, en parlant longuement avec Samoureux, le papa de Nounette, nous avons pris la décision de ne pas imposer un langage des signes. Déjà parce que ce n’était pas naturel pour nous. Nous trouvions délicat et fastidieux de devoir penser à faire tel ou tel signe à chaque fois que nous voulions parler à Nounette. Et puis nous avions envie de la laisser découvrir ses propres stratégies de communication.

En nous observant nous adresser à bébé, je me suis aperçue que nous utilisions déjà beaucoup de gestes ou des mimiques –volontairement ou involontairement-. Ces gestes nous servaient à nous faire mieux comprendre (ou nous en donnaient l’impression, en tout cas!) mais étaient tout à fait naturels pour nous. Il y a évidement des choses assez culturelles, comme de secouer la tête dans un sens ou l’autre pour dire « oui » ou « non », ou de pointer du doigt mais d’autres étaient plus personnelles. J’utilisais également beaucoup de gestes dans les comptines, chansonnettes et jeux de doigts que j’aimais partager avec elle…

Bref, petit à petit, Nounette s’est imprégnée de tout cela, toute cette manière familiale de communiquer dans le non verbal. Elle a pioché çà et là des éléments. Elle a su très tôt par exemple montrer son accord et son désaccord en utilisant sa tête pour dire « oui » ou  « non » et tendre la main vers un objet convoité. Un peu avant un an, elle a commencé à pointer du doigt. Et puis, petit à petit, à un peu plus d’un an, elle a commencé à associer deux gestes. Pour exprimer qu’elle veut un objet par exemple, elle le pointe du doigt et dit « oui » très vite avec la tête. Ce dernier signe signifie pour elle « je veux » (et d’ailleurs, plus elle désire fort, plus elle secoue la tête vite, c’est très drôle ! ). Pour demander la musique, elle montre la chaîne hi-fi et tape dans ses mains (oui, car elle applaudit toujours à la fin d’un CD… Trop marrant!) Lorsqu’elle veut que je la prenne dans les bras pour un instant de câlin, elle vient coller sa tête contre mes jambes et me tend les bras. Récemment, à 14 mois, elle arrive à associer trois gestes pour faire une phrase, et elle me bluffe de plus en plus ! Par exemple, à midi, elle a fait le geste de la chanson des marionnettes, m’a pointé du doigt et a dit « oui » très rapidement avec la tête. Alors, vous avez compris ? Elle me demandait de lui chanter « Ainsi font, font, font »… Et qu’est-ce qu’elle était fière et heureuse que j’aie compris sa demande !!

Alors évidement, je parle ici de Nounette, mais je pense sincèrement que chaque enfant peut trouver son mode de communication en transformant le langage non verbal de sa famille. Plus nous nous adressons à nos enfants, plus ils s’imprègnent du notre langage. Plus nous leur donnons des pistes à explorer pour se faire comprendre. Et pour les y encourager, nous devons porter une attention forte à toutes leurs tentatives de communication, qu’elles soient verbales (pleurs, cris, bruits divers…), gestuelles (gestes de la mains, tension du corps, direction du regard…) ou faciales (sourire, grimaces, sourcils…). Plus nous prenons le temps d’observer nos tout-petits, plus nous comprenons leur propre langage. Plus nous les comprenons, plus ils ont envie de communiquer…

Un cercle vertueux, vous dites ?

 

Et si l’observation était la clé ?

Et si chaque famille pouvait trouver ses propres outils, ses propres stratégies de communication ?

Et si on se faisait confiance ?

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