Education en Réflexions

Le rôle des neurones miroirs dans la transmission de nos valeurs

« Faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Voilà un proverbe qui est fort peu valable en matière d’éducation !

Nous savons aujourd’hui grâce aux neurosciences que le rôle des neurones miroirs est fondamental dans l’apprentissage des comportements de l’enfant. Un enfant apprend par l’imitation, oui, mais c’est bien plus profond que l’on pouvait le penser auparavant…

Les neurones miroirs, quésaco ? Ce sont ces minuscules cellules nerveuses se trouvant dans le cerveau qui permettent, par jeu de miroir, d’identifier un comportement chez autrui. Par exemple, lorsque je regarde ma fille dessiner, mon cerveau reproduit ses gestes de manière très précise en activant les zones qui servent à dessiner (muscle de la main, concentration, etc) sans que moi-même je ne les effectue. C’est comme cela que je comprends que l’action que ma fille est en train de réaliser est de dessiner.

Autrement dit, regarder, observer un comportement, c’est en fait l’accomplir dans son esprit.

Les neurones miroirs permettent donc de comprendre les actions de l’autre, mais également de l’imiter et de déchiffrer ses intentions et ses émotions. Ainsi, lorsque je regarde une personne en colère, toutes les zones de la colère s’activent dans mon cerveau. Je comprends que cette personne est en colère et je ressens cette colère. Je vis cette colère intérieurement.

C’est le système miroir qui nous permet d’être empathique. Nous ne comprenons pas seulement l’émotion que l’autre traverse, nous la sentons, la ressentons de manière immédiate. C’est pourquoi on dit que les émotions sont contagieuses : voir quelqu’un pris d’un fou-rire nous fait rire, regarder un film triste nous fait pleurer, voir une personne chère à notre cœur souffrir nous fait souffrir également…

Chez l’enfant, les neurones miroirs jouent un rôle fondamental sur son développement : il passe son temps à jouer, répéter des situations vécues, observer le monde, essayer de le comprendre, apprendre… S’il apprend à imiter les gestes, le système miroir l’amène également à reproduire les comportements. Toute personne a alors un rôle de modèle pour l’enfant, surtout les personnes qu’il voit régulièrement. Les parents et la famille proche sont évidemment les plus grands modèles.

A partir de là, il nous appartient de savoir ce que nous voulons pour nos enfants. Que voulons nous lui transmettre ?

Un enfant frappé apprend à frapper. Un enfant élevé dans la tendresse apprend la tendresse. Un enfant humilié apprend à humilier. Un enfant respecté apprend le respect.

De même, qu’est-ce que l’enfant perçoit-il de nous ? Et que lui en dit-on ? Il ne sert à rien de cacher nos émotions, il les ressent. Un parent a le droit d’être en colère ou d’être triste. Parler, s’exprimer avec bienveillance envers soi-même et son enfant lui apprend à agir de la même manière. Il nous observe pour grandir, pour construire son identité.

Et puis, que voit-il de nos relations avec les autres ? Comment lui apprendre le partage quand nous-même nous ne l’appliquons pas au quotidien ? Comment lui apprendre à dire non lorsque nous ne lui montrons pas l’exemple ? Nos valeurs se transmettent non pas par des leçons de morale régulières, mais en les mettant nous-même en application. L’amour s’apprend et se transmet, tout comme la haine.

Et si l’éducation reposait sur l’ « être » et non sur le « dire » ?

Et si nous commencions par vivre et faire vivre nos valeurs?

Et si pour les transmettre, il suffisait de les appliquer?

 

1 thought on “Le rôle des neurones miroirs dans la transmission de nos valeurs”

  1. C’est tellement vrai. Je le constate régulièrement avec mon enfant. Dans la pratique, cela demande beaucoup de recul sur soi, de bienveillance et une remise en question régulière de soi, de ses pratiques… Bref on oscille en permanence entre le doute et l’affirmation, entre la réalité et son idéal, soi et les autres… C’est une découverte permanente de soi, parce qu’on est tout le temps confronté à nos valeurs, nos limites. Parfois aussi, ça fait mal parce qu’on voit beaucoup plus de choses, et là aussi il faut faire avec, essayer patiemment d’améliorer ce que l’on peut et de lâcher le reste. Y a beaucoup d’acceptation, au sens positif du terme. Finalement on s’éduque et on grandit quand on “élève” un enfant. C’est là où on apprend le plus à vivre.

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