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Education en Réflexions

Mère suffisamment bonne : le malentendu.

Il y a quelque temps, je parlais avec une amie de la maternité. Nous échangions autour de ce qui constitue le fait d’être mère, des difficultés que les mères peuvent éprouver. Et puis est venu le moment où nous avons parlé plus précisément des difficultés qu’elle rencontrait, elle. Mère consciente, elle n’a jamais critiqué les comportements de son enfant, qui était alors en pleine période d’affirmation de soi… Autrement dit la phase d’opposition, le terrible two, la période du non… Appelez-la comme vous voulez, je sais bien que nous savons tous exactement de quoi elle parlait: cris, pleurs, oppositions tenaces et très fréquentes, colères, crises… Bref, tant de comportements difficiles à gérer et à vivre pour tous les parents.

Mon amie savait bien en quoi cette période est importante pour l’enfant. En quoi cela le construit. Pourquoi les crises et les oppositions étaient inévitables, et même nécessaires pour le développement de son petit bout. A ses yeux, les difficultés se trouvaient de son côté à elle : elle n’arrivait pas toujours à contrôler ses émotions comme elle l’aurait souhaité et se voyait avoir des comportements inadaptés avec sa fille. Des comportements qui n’avaient plus rien à voir avec l’éducation bienveillante et positive qu’elle tentait de mettre en place. Des comportements « nuls », « impulsifs », qui « ne régleraient rien ». Elle se sentait « mauvaise mère », puisque imparfaite. Elle n’y « arrivait pas ».

Croyant sur le coup la rassurer, j’ai voulu lui parler du concept bien connu de Winnicott : la mère suffisamment bonne. Mais qu’avais-je fais ? Erreur de jeunesse, maladresse amicale… J’avais ouvert les vannes de l’incommensurable.

« Je sais, mais c’est pire ! Et si je n’étais pas SUFFISAMMENT bonne ? »

Sur le coup, je n’avais pas compris. Et en repensant à cette situation, j’ai eu ce petit tilt, qui fait que j’écris cet article aujourd’hui.

Il y a un gros malentendu sur ce concept de mère suffisamment bonne. Le genre de très gros malentendu, bien encombrant, qui change totalement la signification de ce que l’auteur a voulu mettre en avant. Et qui fait du mal aux mères.

Winnicott, ce fameux pédopsychiatre anglais, parle dans sa langue maternelle de « good-enough mother ». Si on traduit littéralement, cela donne un truc du genre mère assez bonne. Il l’oppose à la mère « too good », donc trop bonne, et à la mère « not good enough », pas assez bonne. La traduction française laisse penser que Winnicott parle d’une sorte de seuil au-dessus duquel on serait une bonne mère -favorable au bon développement de son enfant- et en dessous duquel on serait une mauvaise mère -qui pourrirait son quotidien et son avenir. Or, lorsqu’on étudie de plus près sa pensée, il ne s’agit absolument pas de cela, c’est même complètement le contraire !

La mère suffisamment bonne, c’est en fait une mère « moyenne », ni trop bonne, ni trop peu. D’ailleurs, une autre traduction plus parlante existe, bien qu’elle soit très peu utilisée : « la mère ordinaire normalement dévouée ». Ni trop, ni trop peu. Une mère qui fait ce qu’elle peut, mais qui ne comprend pas toujours. Qui ne fait pas toujours ce qu’elle voudrait, ni comme son enfant voudrait. Une mère qui ne laisse pas son enfant dans une souffrance ou une angoisse annihilante, mais qui ne répond pas à tous ses besoins avant même qu’ils ne soient présents. Ni trop, ni trop peu.

En fait, ce concept s’oppose totalement à celui de la bonne mère qu’on prône un peu partout, qui tend toujours vers le plus. Plus de bienveillance, plus d’empathie, plus d’écoute, plus de patience, plus de sorties, plus de câlins, plus d’amour, plus, plus, plus, plus…  Stop ! Une mère trop bonne ne laisse pas la place à l’enfant, d’être, de devenir. D’être imparfait, d’être ce qu’il est.

Pour Winnicott, c’est dans les erreurs et les manquements de ses parents que l’enfant trouve sa place et son identité. Mais c’est également l’amour et le partage qui l’aide à se développer. Ni trop, ni trop peu.

Donc, ce que nous dit réellement cette notion, c’est que pour qu’un enfant se développe bien, il lui faut une mère ordinaire. Dévouée à ses enfants, mais pas trop. Un mère aimante, mais pas trop. Une mère qui commet des erreurs, mais qui distribue aussi du bien-être. Une mère normale. Une mère moyenne. Ni trop, ni pas assez.

Et vous savez quoi ? Je crois que c’est aussi valable pour les pères !

Parents z'ordinaires

Frédéric nous raconte…

Bonjour à toi, et bienvenue sur Graines de Parentillages ! Merci de tout cœur de venir nous raconter un petit bout de ton chemin personnel, et surtout de témoigner de ton expérience de jeune papa ! La première question est ouverte, comme d’habitude… Qui est-tu donc ?

Je m’appelle Frédéric, j’ai 34 ans et je suis l’heureux papa d’une petite fille de bientôt 18 mois 😉

Comment a émergé chez toi l’envie d’être père ?

J’ai toujours voulu avoir des enfants. Si cette idée était encore assez floue vers mes 25 ans, c’est vraiment à l’arrivée de ma première nièce (je suis depuis l’heureux tonton de plusieurs adorables nièces et neveux !) que j’ai compris combien j’avais envie d’avoir des enfants.

Comment as-tu appris la grossesse ?

Par un petit matin de février, réveillé par ma compagne. Quelques jours auparavant, certains signes avaient éveillé notre attention (elle qui mangeait peu s’était mise à manger comme 4 et certaines allergies étaient plus fortes que d’habitude notamment) alors ma compagne a fait un test alors que je dormais encore et m’a ensuite annoncé la nouvelle. La surprise était d’autant plus grande qu’on nous avait dit que nous n’aurions pas d’enfants « naturellement »…

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Boîte à z'outils

Lait maternel : LA solution pour soigner les érythèmes!

On me demande souvent si j’ai une astuce pour aider à guérir les érythèmes fessiers de bébé

Et figurez-vous que j’ai plus qu’une astuce, j’ai une solution quasi-miraculeuse…

Et tenez-vous bien, elle est gratuite, naturelle, écologique

Le lait maternel !

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Parents z'ordinaires

Un bout de vie de Francine

Bonjour et bienvenue sur le blog de Graines de Parentillages… Nous voilà avec quelques questions pour toi… On veut en savoir plus sur ta parentalité et ta grand-parentalité (ça se dit ça ? On a qu’à dire que oui!!) Mais d’abord, dis-nous en un peu plus sur toi… Qui es-tu donc ?

Je suis Francine, j’ai 57 ans, divorcée, puis remariée depuis 11 ans, amoureuse de la nature, des animaux, j’aime par dessus tout mes filles et mes petits enfants.

Comment s’est passée ta première grossesse ?

Ma première grossesse fut difficile, malade jusqu’à la fin … Pas d’échographie à cette époque, mon bébé n’avait donc pas de sexe. Deux prénoms furent choisis, fille ou garçon …J’ai supposé que tout allait bien, mais l’angoisse de mettre au monde un enfant avec un souci de santé ne m’a pas quittée… C’était il y a 38 ans…

Et l’accouchement ?

L’accouchement, 12 heures de travail, contractions par les reins, pas de péridurale à l’époque, épisiotomie… Mais tout fut vite effacé lorsque ma princesse a été posée sur mon ventre et que nos regards se sont enfin croisés… Ce fut le plus beau jour de ma vie! J’ai encore en mémoire ses deux grands yeux bleus !Qu’elle était belle ! J’étais portée par une immense vague de bonheur !

T’es-tu sentie suffisamment épaulée lors des premiers temps avec ta fille ?

Non, le papa ne s’est pas senti impliqué par l’arrivée de son bébé, métro, dodo, boulot… Je crois que c’était important pour lui d’assurer le casse-croûte pour sa famille et pour les enfants c’était une histoire de maman… Continue reading “Un bout de vie de Francine”

Education en Réflexions

Et si offrir des jouets à ses enfants était un acte militant ?

« Ah maintenant, les gosses, des jouets, ils en ont trop… Ils sont trop gâtés ! Ils en ont plein la chambre et ils ne jouent pas avec… On en avait pas autant quand on était petit ! »

Je parie que vous avez tous entendu cette phrase, avec un bon goût de « c’était mieux avant », non ? Et parfois même, vous le pensez, vous aussi… Pas vrai ?

Le débat sur le nombre de jouets est largement abordé en famille, avec les copains, et même dans les magazines… Je ne vous inviterai pas à réfléchir sur ce sujet-là aujourd’hui car je pense que vous l’avez tous déjà fait, et que vous en avez tiré vos propres conclusions.

Ce qui m’intéresse ici, c’est un message lié mais un poil différent : et si offrir des jouets à ses enfants était un acte militant ? Et si on pouvait changer leur vision du monde par le biais de ce qu’on leur donne pour jouer ? Et si on consommait de manière plus responsable pour les jouets aussi ? Continue reading “Et si offrir des jouets à ses enfants était un acte militant ?”

Boîte à z'outils

Une poupée lorsque les temps de soins corporels sont difficiles

Parce que parfois, les temps de soins corporels peuvent tourner au désastre, au drame, que dis-je… à la catastrophe ! Et dans ce cas… la poupée peut devenir ta meilleure amie (alliée?)!

On ne sait pas toujours pourquoi, mais les tout-petits ont parfois des périodes où il leur est difficile de recevoir des soins. Changer ma couche ? Non, merci, sans façon… La douche ? Quelle horreur ! Le shampoing ? Quelle infamie !! Me laver le visage ? Mais vous êtes fous ?? Me moucher le nez ?! Appelez la police !

Des cris, des pleurs, des angoisses… Et nous, parents, on se retrouve bien démuni pour les accompagner… Non, parce que la patience, l’écoute, la parole, l’amour, quand ça ne suffit pas… Ça devient vite compliqué. On peut toujours repousser un peu le temps de la douche, mais il faudra bien qu’il y passe un jour… Continue reading “Une poupée lorsque les temps de soins corporels sont difficiles”

Parents z'ordinaires

Comment et pourquoi avez-vous choisi ce prénom?

 

 

image:Rose Layette

Pour le prénom, on avait une idée pour une fille mais bébé s’avérait être un petit gars. On voulait un prénom court, facile à écrire et sans lettre(s) piège(s). Déformation professionnelle de la maîtresse .
Ensuite, j’ai dressé la liste des prénoms “hors de question” (qui ne nous plaisaient pas, qui me rappelaient des anciens élèves dont je n’ai absolument pas envie de me souvenir etc…). Et en 5 ans d’enseignement et 15 ans d’animation, ça a réduit le choix On est arrivé à 2 prénoms (3 pour le papa qui espérait vraiment que San Gohan remporte le titre de prénom de bébé 1 )
Léo ou Théo. Il fallait choisir. IL se trouve que j’avais 2 élèves dans ma classe qui s’appelaient Théo… donc on a choisi Léo et on est plus que ravi! Ça lui convient parfaitement!

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Parents z'ordinaires

Thierry raconte sa famille…

Bonjour à toi ! Bienvenue sur Graines de Parentillages, et surtout… Merci de tout cœur de venir nous parler de ta parentalité ! D’autant que tu es le deuxième papa à accepter le jeu… Et nous, on aime lire les papas par ici… Bref ! Je vais te poser quelques petites questions, mais avant cela, peux-tu te présenter ? Qui es-tu donc ?

Homme, 38 ans , marié à Laura , 2 enfants d’une union précédente, travailleur social, éducateur spécialisé en pédopsychiatrie depuis 13 ans, actuellement en poste à l’hôpital de jour adolescent de salon de Provence. Président de plusieurs associations culturelles de reconstitution médiévale. Fervent croyant en la force de l’amour. Chrétien. Passionné de psychologie, de forge et de combats autant physiques que psychiques.

Comment as-tu appris que tu allais être papa pour la première fois ?

En rêve à 17ans….un rêve prémonitoire…dont je me souviens encore et qui m’a donné la certitude qu’être père serait ce qui comblerait ma vie d’homme. Sinon plus concrètement à 26 ans par la mère de mes enfants. Continue reading “Thierry raconte sa famille…”

Jouons!

Pourquoi laisser les tout-petits jouer avec la déco de Noël ?

Si vous venez boire le thé à la maison, vous ne pourrez pas manquer nos belles décorations de Noël… Impossible de les louper, non, car elles seront sans doute étalées par terre et, si vous n’y prêtez pas d’attention, vous risqueriez de glisser dessus ! Zouip… Paf ! Cascade de Noël !

Mais pourquoi donc risquer à tout moment la chute de nos invités et la notre par la même occasion ? Non, ce n’est pas pour tester la solidité des coccyx, chevilles, rotules et autres parties du corps si utiles lorsqu’elles sont en forme. Mais parce qu’en entrant dans notre salon, vous entrez également sur le terrain de jeux de Nounette… Attention où vous mettez les pieds !

 

 

Récemment, Poulette –la grande sœur de Nounette qui a bientôt 12 ans– m’a demandé pourquoi on n’accrochait pas plutôt les guirlandes et les boules sur un sapin ou au mur, sous entendu « comme les autres gens ». C’était évidemment une bonne question ! Cela m’a donné envie de partager la réponse avec vous… Continue reading “Pourquoi laisser les tout-petits jouer avec la déco de Noël ?”

Parents z'ordinaires

L’histoire d’une maman z’ordinaire…

Bonjour à toi ! Merci de venir nous parler un peu de toi et de ta parentalité ! On a tous très envie d’en savoir plus… Mais d’abord, il te faut te présenter un peu… Qui es-tu ?

Bonne question. Je n’ai pas encore fait le tour de la question !! Haha!

Comment as-tu rencontré ton compagnon ?

Nous nous sommes rencontrés quand nous étions étudiants. Il m’a tout de suite plu, parce qu’il avait un côté un peu fonceur, blagueur et fou-fou, mais aussi une assurance, une stabilité à laquelle j’aspirais. Moi, c’était un peu l’inverse. Alors forcément, il m’a tapé dans l’œil !

Comment l’envie d’avoir un enfant vous est-elle venue ?

C’est venu de moi. Tout doucement au début. Jusqu’au moment où je me suis mise à m’arrêter sur tous les bébés et les mamans que je croisais dans la rue (en priant le ciel pour qu’elles ne me prennent pour une psychopathe du genre Peyton Flanders dans La main sur le berceau). C’est comme ça que j’ai compris que je voulais avoir un enfant.

Comment as-tu appris ta grossesse, et comment lui as-tu annoncé ?

Je voulais vraiment l’avoir cet enfant. Du coup, je guettais comme le lait sur le feu les premiers signes d’une éventuelle grossesse. Naturellement, le mois où je n’ai plus eu mes règles, j’ai couru à la pharmacie demander un test de grossesse. Quand le résultat s’est affiché, mon cœur a décollé. J’ai tout de suite appelé mon mari pour lui annoncer la super nouvelle (depuis j’ai gardé le test)  !! Durant toute la journée, il m’a fallu prendre sur moi, dans la rue, au travail, devant mes collègues ou mon affreuse chef de l’époque pour ne pas exploser de joie. Continue reading “L’histoire d’une maman z’ordinaire…”