Bibliothèque Adulte

Voulons-nous vraiment des enfants forts et en bonne santé?

Voulons-nous vraiment des enfants forts et en bonne santé ? De Jesper Juul.

Voilà un livre qu’il faut mettre entre toutes les mains, ou presque… Pourquoi ? Mais parce que dans ces 48 pages se trouve la question fondamentale que tout parent, tout professionnel, tout personnage politique devrait se poser.

Que voulons-nous VRAIMENT pour nos enfants?

Ce petit bouquin clair et concis est un manifeste pour que la société reconsidère la relation enfant-adulte et la place de l’enfant, tout en ayant en tête la société que nous voulons construire. Voulons-nous des enfants « gagnants », toujours plus compétitifs, qui écraseront les autres, coûte que coûte ? Voulons nous des enfants dociles et soumis, qui ne seront capables ni de se battre pour leur bien-être, ni pour leurs idées ?

Le message de Juul est clair : aujourd’hui le modèle éducatif, qu’il soit dans les foyers ou dans les écoles de l’état, ne permet pas aux enfants d’avoir une estime de soi assez solide pour être heureux et en bonne santé, et donc de construire une société à cette image. Il rappelle que le système scolaire a été pensé il y a des années et des années et qu’il n’est plus du tout adapté ni aux connaissances que nous avons du développement des enfants, ni à leur soif innée d’apprendre, ni au monde que beaucoup d’entre nous veulent construire. Il dénonce les états d’Europe qui n’ont toujours par compris le lien entre la façon dont la société traite les enfants et le taux de maladies psychosociales en constante augmentation. Il souligne que ces mêmes états s’inquiètent de la hausse des coûts de la santé et des affaires sociales alors même qu’ils ne prennent pas conscience que ces coûts seraient ô combien diminués si l’éducation, l’école et la prévention étaient de bonne qualité.

L’auteur nous invite à changer notre manière de penser, à changer notre regard sur l’enfant. Il parle de concept d’équidignité, qui m’est cher. Un enfant n’est pas un adulte en miniature. Il a des besoins propres à son développement. Pour autant, il a droit, comme tout être humain, à la dignité et au respect. L’adulte et l’enfant ne sont pas « égaux », car ils sont différents, car l’adulte est responsable de l’enfant, mais chacun est une personne digne d’être écoutée, respectée, prise en compte.

Actuellement, l’équidignité enfant-adulte est loin d’être la norme. C’est pourtant la seule manière de changer la relation à nos enfants. La seule manière vraiment efficace pour leur apprendre à s’aimer et à aimer. Pour leur apprendre à se construire et à construire. A créer.

Que voulons-nous VRAIMENT pour nos enfants ?

Que voulons-nous pour notre société ?

Que voulons-nous pour notre planète, pour notre prochain ?

Vous l’aurez compris, ce texte est fort ! Et tellement juste. Personnellement, je l’ai lu en une seule fois, j’ai donc eu le bonheur de me laisser porter par les mots de l’auteur. Et de me laisser emporter par mes émotions, par ma passion pour le monde de l’enfance. Par l’espoir et la flamme qui m’animent, ces éléments qui m’ont fait choisir mon métier d’éducatrice de jeunes enfants. Qui font qu’aujourd’hui je tente de soutenir et d’accompagner enfants et parents dans le chemin difficile qu’est ce changement de regard. Bref, j’ai fini le bouquin avec le cœur qui battait la chamade et les larmes au bord des yeux (oui… je suis sensible il faut dire!).

Pourquoi il faut mettre ce livre entre toutes les mains ? Pour faire passer le message ! A nous, parents, professionnels. Et surtout aux femmes et hommes politiques ! Qu’ils arrêtent de se voiler la face. Qu’ils cessent de regarder du mauvais côté. Qu’ils ouvrent les yeux.

Je vous laisse avec ce petit extrait, qui m’a beaucoup touché.

(Pour tout vous dire, habituellement lorsque je lis un livre, je mets des petits post-it au niveau des phrases percutantes, des paragraphes clés qui me paraissent importants à conserver. Sauf que là, c’était trop dur, il aurait fallu que j’en mette partout… Mais j’ai quand même gardé ce passage…)

« Un enfant fort est un enfant en bonne santé, ayant une estime de soi saine, capable d’empathie, qui a une confiance en soi forte et un ensemble de compétences psychosociales bien développé. Un être humain qui se sent digne d’amour, qui se fait confiance, qui est capable de définir ses limites personnelles, qui est à l’aise avec d’autres personnes et qui a conscience de sa dépendance et de son interdépendance aux autres êtres humains.

Essayez de lire la définition ci-dessus à plusieurs reprises et examinez soigneusement si c’est ce que vous voulez pour chacun de vos enfants, chacun de vos élèves, chacun de vos étudiants ou chacun de vos patients ?

[..]

Pensez-y et réfléchissez bien, car vous avez le pouvoir d’influencer sur le résultat des 15 premières années de vie de vos enfants, la confiance en soi de vos élèves et l’image de soi de vos patients. Ne laissez pas la responsabilité à « la société », parce que la société est par définition irresponsable, et parce que vous et moi faisons partie de la société – et sommes les seuls qui puissions assumer une responsabilité. »

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